Budget wallon : dix ans de données pour éclairer les choix à venir
Écrit par Corinne BODART
26.09.2026
Comment les dépenses de la Wallonie ont-elles évolué en dix ans ? Où les moyens ont-ils augmenté, où ont-ils diminué ? Et que nous disent ces évolutions sur notre capacité à investir demain ? AKT publie sur budget.akt.be une analyse approfondie du budget wallon, construite à partir de dix années de données rendues comparables.
Le débat budgétaire wallon se concentre souvent sur quelques grands chiffres : déficit, dette, effort à réaliser. Ils sont indispensables. Mais ils ne disent pas comment les moyens de la Région ont évolué au fil du temps, ni quels choix ont été faits.
Pour aller plus loin, AKT a analysé les budgets wallons depuis 2016, article par article. Un travail conséquent : les données ont été rassemblées dans une base unique et rendues comparables malgré les changements de périmètre et de classification intervenus au cours de la décennie. L’analyse s’appuie sur les documents budgétaires officiels de la Région et des statistiques publiques. Elle aboutit des constats documentés. Les données et les outils permettant de reproduire les calculs sont également accessibles en ligne.
Cette mise en perspective fait notamment apparaître une évolution importante : depuis 2016, les budgets consacrés à l’économie et à la recherche ont diminué de 318 millions d’euros en euros constants, et ceux de l’emploi et de la formation de 195 millions. Soit 513 millions d’euros de moins.
Ce recul intervient alors que la Wallonie doit préserver des moyens pour relever plusieurs défis : remettre davantage de personnes au travail, renforcer les compétences, soutenir l’innovation et la compétitivité de ses entreprises, moderniser ses infrastructures et réussir les transitions énergétique et climatique. L’analyse documente notamment les enjeux liés au taux d’emploi, à l’industrie, au coût de l’énergie, à la décarbonation et à l’état des infrastructures wallonnes.
Pour AKT, assainir les finances publiques est nécessaire. Mais assainir ne suffit pas : il faut aussi pouvoir réinvestir. L’enjeu du conclave budgétaire est donc de retrouver des marges de manœuvre sans affaiblir ce qui permettra à la Wallonie de créer davantage d’activité et de prospérité demain.