Face à la hausse rapide des prix de l’énergie, AKT for Wallonia alerte sur un risque réel de choc durable pour les entreprises wallonnes. Entre pression immédiate sur les coûts et effets de l’indexation, l’organisation appelle à des mesures ciblées à court terme et à des décisions structurelles pour préserver la compétitivité et l’emploi.

Les événements des derniers jours au Moyen-Orient le confirment : la crise énergétique pourrait s’inscrire dans la durée, avec des prix élevés pendant une période prolongée.

Lors de précédents épisodes de tension géopolitique, le prix du gaz européen (TTF) a déjà connu des variations de plus de 50% en quelques semaines, entraînant une hausse rapide des prix de l’électricité. Dans un marché très interconnecté, cette instabilité se répercute directement sur les entreprises et les consommateurs.

Pour les entreprises comme pour les citoyens, l’impact est immédiat. Les coûts repartent à la hausse, dans un contexte déjà exigeant.

Aujourd’hui, le risque n’est plus celui d’une hausse ponctuelle des prix, mais celui d’un choc qui s’installe, avec des conséquences directes sur la compétitivité, l’activité et, à terme, sur l’emploi.

Des effets déjà visibles sur le terrain

Les retours des entreprises wallonnes sont clairs : la pression monte, en particulier dans les secteurs intensifs en énergie, mais aussi plus largement dans l’ensemble du tissu économique.

Dans certains procédés électro-intensifs, l’électricité peut représenter jusqu’à 30 à 40% des coûts variables.
Pour certaines PME comme pour des entreprises plus grandes, la situation devient plus difficile à gérer. Les marges se réduisent, les incertitudes augmentent et certaines décisions d’investissement sont reportées.

En Belgique, cette pression est renforcée par la structure des coûts. Les coûts hors énergie (réseau, taxes, surcharges) représentent désormais une part importante de la facture.

Un risque de récession associée à une spirale inflationniste

Si la crise se prolonge, ce sont directement les niveaux d’activité qui pourraient être affectés.
En Belgique, ce choc est amplifié par un mécanisme spécifique : la hausse des prix de l’énergie se répercute, avec un certain décalage, dans les coûts salariaux via l’indexation. Comme en 2022, où l’inflation a dépassé 12%, ce mécanisme peut accentuer rapidement l’écart de compétitivité avec les pays voisins.

Le risque est donc clair : une combinaison de ralentissement économique et de hausse des coûts, avec des conséquences directes sur l’emploi et le revenu des ménages.

C’est le scénario de la double peine : une énergie plus chère et des coûts salariaux plus élevés, au moment même où la concurrence internationale se durcit.

Agir maintenant, sans reproduire les erreurs du passé

Face à cette situation, AKT for Wallonia appelle à sortir de l’attentisme et à se préparer dès maintenant à un scénario de crise durable. Il est essentiel de clarifier rapidement les mesures à prendre.

À court terme, il faut accélérer la mise en œuvre de la norme énergétique au niveau fédéral afin de réduire le coût de l’électricité des industries les plus exposées et rapprocher les prix belges de ceux des pays voisins.
Cette mesure doit être mise en œuvre de manière équilibrée entre les Régions, en tenant compte des spécificités du tissu économique wallon.

Il est également nécessaire d’adapter les mesures liées à la transition énergétique pour garantir leur soutenabilité pour les entreprises.

Au-delà de l’urgence, il faut agir sur les causes structurelles du coût de l’énergie : renforcer les réseaux, sécuriser les investissements et maîtriser les coûts hors énergie.

Enfin, il est essentiel d’éviter qu’une nouvelle flambée des prix ne déclenche une spirale inflationniste via l’indexation des salaires et de tirer les leçons de 2022.

Frédéric Panier, CEO d’AKT for Wallonia : « On ne peut plus se permettre d’attendre. Si la crise se prolonge, les gouvernements doivent clarifier rapidement les mesures à prendre pour protéger la compétitivité de nos entreprises et éviter qu’un nouveau choc énergétique ne se transforme en crise économique. »