Boom de la création d’entreprises : un frein levé, un élan à perpétuer 

Écrit par Elvis MIHALOWITCH

16.06.2026

Les chiffres sont là : la Wallonie enregistre +28% de créations d'entreprises au premier trimestre 2026, avec 7430 nouvelles sociétés créées. Une tendance qui se confirme également pour ce second trimestre. La raison principale ? La suppression de l’obligation de détenir un diplôme de gestion de base pour monter son entreprise.

Un obstacle levé

AKT a soutenu que cette obligation de diplôme était dépassée, décourageait les candidats entrepreneurs et qu’il fallait l’abandonner pour booster la création d’entreprises en Wallonie. Cette contrainte avait d’ailleurs été levée en Flandre en 2018 et à Bruxelles en 2024, avec des résultats positifs dans les deux cas. Ce frein administratif important appartient depuis le 1er octobre 2025 au passé. La Wallonie entreprenante s’en porte mieux, les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre d’indépendants complémentaires a lui aussi augmenté dans les mêmes proportions que les créations d’entreprises.

Un mouvement à accompagner

Cet élan de création d’entreprises est une excellente nouvelle, pour l’économie régionale de manière générale, mais également dans le contexte du défi de (re)mise à l’emploi en Wallonie. Mais créer son entreprise n’est que la première étape, il faut ensuite tenir dans la durée. C’est là qu’un accompagnement approprié est nécessaire. Afin d’épauler ces nouveaux entrepreneurs, AKT plaide pour des outils concrets et accessibles : formations ciblées pour les starters, ressources pratiques sur la gestion de trésorerie et le plan financier, dispositifs d’accompagnement lisibles et efficaces…

AKT insiste aussi sur un levier encore sous-exploité en Wallonie : les dynamiques privées et la mise en réseau. Le mentorat, les communautés locales d’entrepreneurs et les tiers-lieux, incubateurs, espaces de coworking, fablabs… comptent parmi les facteurs les plus déterminants de l’accompagnement efficace et de la survie des jeunes entreprises. À l’image du modèle flamand, qui s’est largement appuyé sur la mobilisation du tissu privé et associatif, AKT plaide pour que ces démarches de terrain soient mieux reconnues, soutenues et articulées au reste de l’écosystème public. En résumé, de la simplification administrative et un écosystème qui donne les clés à ceux qui se lancent.

Il est également important que les effets de cette simplification soient suivis de près, via une évaluation régulière. L’objectif étant de construire un tissu entrepreneurial wallon solide, durable et compétitif.

Cette dynamique est encourageante et témoigne s’il le fallait encore que la simplification administrative produit des effets concrets sur le terrain. Elle appelle néanmoins à ne pas se contenter des chiffres de création : avec un taux d’emploi privé de 24,4 emplois privés pour 100 habitants contre 31,1 en Flandre et 34,3 en moyenne en Europe, il reste du chemin à parcourir. Ainsi pour équilibrer son marché du travail, la Wallonie devra compter non seulement sur la création d’emplois au sein des entreprises déjà établies, mais aussi sur la création d’emplois via la croissance de nouvelles entreprises. La résilience du tissu entrepreneurial wallon se mesurera à la pérennité et à la croissance de ces nouvelles entreprises.

Cultiver l’esprit d’entreprendre

Sécuriser le parcours des starters relève du court terme : faire de l’entrepreneuriat un réflexe de société est un travail de plus longue haleine. AKT œuvre à ce que l’esprit d’entreprendre soit cultivé bien en amont de la création : dès l’école, en généralisant la sensibilisation à l’entrepreneuriat à tous les parcours et en multipliant les ponts entre le monde de l’enseignement et celui de l’entreprise. Cela suppose aussi de valoriser pleinement la figure de l’entrepreneur, ses réussites comme ses échecs (envisagés comme autant d’étapes d’apprentissage), afin de susciter de nouvelles vocations et d’ancrer durablement une culture entrepreneuriale en Wallonie.