ESPRITS D’ENTREPRENEURS | Gauthier Philippart (Trasis)

Écrit par DaJobs (Publi-rédactionnel)

25.09.2026

Pour savoir ce qui fait courir les entrepreneur(e)s, ce qui les anime, ce qui les passionne, ce qui les construit, Giles Daoust (Président de Daoust SA) a imaginé un jeu de questions afin de sonder leurs cœurs et leurs esprits. Retrouvez ici le portrait un peu décalé de Gauthier Philippart (Trasis)… illustré par Pierre Kroll !

Votre premier job rémunéré (hors job d’étudiant) ?

Ingénieur projet dans la première société de Jean-Luc Morelle, avec qui j’ai fondé Trasis trois ans plus tard et qui en est aujourd’hui le CTO. C’était déjà dans la médecine nucléaire.

Le « defining moment » de votre vie professionnelle ?

C’est ce même moment du premier contrat. Au terme de mon stage de fin d’études, Jean-Luc m’a proposé de rester dans son équipe alors que je me voyais plutôt faire une année en Angleterre pour y étudier l’économie. En 27 ans, nous ne nous sommes jamais disputés. Nos intérêts et façons de penser ont toujours été alignés. Combinée avec une certaine humilité, cette vision commune nous permet de surmonter les problèmes opérationnels du quotidien.

Votre plus belle réussite professionnelle ?

Au fil des ans, le pur ingénieur que j’étais s’est peu à peu transformé en meneur d’équipes animées par l’envie et le plaisir. Ce n’est pas forcément écrit quand on a une nature de scientifique et qu’on commence un business avec deux autres ingénieurs. A l’université, je me suis fait « moflé » (NDLR : recalé) en sociologie de l’entreprise. Avec le temps, j’ai appris sur le terrain ce que ce cours essayait sans doute de transmettre.

Votre plus gros échec professionnel ?

Quand on passe ses journées à résoudre des problèmes en créant, en tentant et en agissant vite, il y a forcément des erreurs. Mais je ne vois pas cela comme des échecs, cela fait partie du process d’apprentissage. L’important est de savoir rebondir.

Votre super-pouvoir ?

Une capacité à gérer les « feux aux lacs » en décortiquant les problématiques, en factualisant puis en mettant en place un plan de bataille. Mais derrière ce pompier, il y a aussi un pyromane. Je ne rechigne pas à mettre les pieds dans le plat pour bousculer le trop établi ou lorsque j’ai l’impression qu’on peut faire mieux.

Votre plus grand défaut ?

Une éternelle insatisfaction qui peut fatiguer, voire démotiver autour de soi. J’ai donc appris à adapter les messages et aussi, c’est très important, à fêter les succès.

L’élément clef du succès de Trasis ?

Dans un marché de niche hyper exigeant, nous avons réussi à intégrer une très grande variété de compétences scientifiques, techniques et réglementaires pour offrir une solution de A à Z aux clients. Nous avons su aussi nous adapter à des marchés qui bougent très vite.

Si vous n’aviez pas été à la tête de Trasis, quel job auriez-vous souhaité exercer ?

Mon rêve suprême eût été moniteur de ski, même si je pense que je me serais ennuyé au bout d’un temps. Plus généralement, le professorat m’attire pour le contact avec les jeunes et la transmission. Et cela reste dans le domaine du possible.

Qui est votre héros ? Votre modèle ? Votre source d’inspiration ?

Je n’en ai pas vraiment. La plupart des biographies et livres de management m’endorment. Disons plutôt que mes héros sont tous ceux qui contribuent, même modestement, aux causes auxquelles je crois.

Votre hobby préféré ?

Le ski. Pour les sensations, la vitesse, les grands espaces et le sentiment d’évasion.

Votre livre préféré ?

En BD, les albums de Régis Loisel. Ou la série « Lanfeust de Troy », pour l’humour.

Votre film préféré ?

« Le Parrain ». Pour le graphisme, la façon de raconter cette histoire et l’importance jouée par le temps. Et puis les parts d’ombre de ces personnages qui évoluent entre le permis et l’interdit. De façon générale, j’accorde plus d’importance au gris – la nuance – plutôt qu’au noir et blanc.

Votre endroit préféré ?

Le Val d’Anniviers en Suisse. Un lieu resté authentique et sauvage où je vais très régulièrement depuis mon enfance, hiver comme été.

Quel conseil donneriez-vous à votre «vous» du début de votre carrière ?

« Ne cherche pas à être le premier, mais à construire ce qui durera. Mets ta timidité de côté et intéresse-toi à l’humain ». Les interactions humaines sont le levier essentiel du développement d’une entreprise. Et puis c’est super riche de s’intéresser à ce qui anime les gens autour de vous.

Quelle est votre devise ?

« Voir loin. Agir juste. Bâtir ce qui dure ». Savoir développer et communiquer un cap de long terme est essentiel pour embarquer les gens dans une aventure. Cela n’a pour autant de valeur que si les décisions prises au quotidien sont justes, fondées et assumées. Il faut savoir penser à plusieurs années tout en restant très concret dans l’exécution.