ESPRITS D’ENTREPRENEURS | Julien Theys (Agilytic)

Écrit par Corinne BODART

2.07.2026

Pour savoir ce qui fait courir les entrepreneur(e)s, ce qui les anime, ce qui les passionne, ce qui les construit, Giles Daoust (Président de Daoust SA) a imaginé un jeu de questions afin de sonder leurs cœurs et leurs esprits. Retrouvez ici le portrait un peu décalé de Julien Theys (Agilytic)… illustrés par Pierre Kroll !

Votre premier job rémunéré (hors job d’étudiant) ?

Julien Theys (Agilytic) : Pour un producteur belge de cinéma dont je gérais les intérêts, du tax-shelter, aux droits d’auteurs ou le lobby européen. J’adore le cinéma et je n’ai pas hésité une seconde quand l’opportunité s’est présentée. Je promouvais alors la lutte contre le piratage d’œuvres par l’utilisation de supports de qualité avec la devise « keep honest people honest ». Je l’emploie à nouveau aujourd’hui auprès de nos clients quand il s’agit d’implémenter des IA internes de qualité, plutôt que de laisser les collaborateurs utiliser des IA publiques dans leur coin.

Le « defining moment » de votre vie professionnelle ?

Il y a dix ans, quand mon épouse qui me voyait ramener mon blues à la maison m’a poussé à quitter mon job. Après cette démission, j’ai multiplié les rencontres. C’est ainsi que j’ai revu Christophe Robyns, un ex-collègue avec qui j’ai co-fondé Agilytic.

Votre plus belle réussite professionnelle ?

C’est évidemment Agilytic. Mais j’en suis à la moitié de ma carrière et ai le luxe de penser que le meilleur est à venir.  Ceci dit, ma conception de la réussite n’est pas faite de croissance et de levées de fonds mais d’un projet collectif qui épanouit intellectuellement et personnellement tous ceux qui y participent, et qui satisfait les clients.

Votre plus gros échec professionnel ?

Rien n’est vraiment grave quand il s’agit de votre propre plantage – on apprend. C’est plus difficile quand on réalise que votre ambition empêche l’épanouissement de quelqu’un dont il faut alors se séparer. Chaque licenciement reste douloureux.

Votre super-pouvoir ?

Mon discernement. Sur quinze idées qu’on me soumet, je crois pouvoir distinguer assez facilement les deux qui en valent la peine.

Votre plus grand défaut ?

L’impatience, notamment en réunion. Une fois que j’ai capté quelque chose, j’ai tendance à vouloir passer trop vite au sujet suivant. Mais je me soigne. J’ai compris qu’il est important d’aligner les compréhensions pour avancer harmonieusement.

L’élément clef du succès d’Agilytic ?

L’intransigeance sur le talent des gens et l’obsession de l’impact positif pour le client. Il nous arrive de déconseiller à certains d’initier des projets qu’ils voulaient nous confier parce que nous les jugeons prématurés ou contre-productifs.

Si vous n’aviez pas été à la tête d’Agilytic, quel job auriez-vous souhaité exercer ?

Il est trop tard pour espérer jouer pour Arsenal… Mais j’aime transmettre la connaissance. Mon activité académique me ravit…

Qui est votre héros ? Votre modèle ? Votre source d’inspiration ?

Dans les moments de tension, je me demande souvent comment réagirait Obama. Je l’admire pour son ultra compétence, sa force tranquille tout en conservant un abord facile. Dans mon entourage, il y a Olivier Witmeur, Vice-Doyen de l’école Solvay à l’indéboulonnable esprit positif.

Votre hobby préféré ?

Même si j’en joue mal, j’adore la guitare. Je suis aussi fan de Radiohead et vais voir un maximum de leurs concerts.

Votre livre préféré ?

« Découvrir un sens à sa vien » de Viktor Frankl, rescapé des camps nazis. De quoi relativiser beaucoup et remettre en perspective ses gratitudes et ingratitudes.

Votre film préféré ?

Vice-Versa des studios Pixar. Un narratif brillantissime et un film qui en dit énormément sur l’apprentissage de la vie.

Votre endroit préféré ?

Peu importe pourvu que j’y voie mes enfants sourire. Cela peut être au bout du monde comme dans ma cuisine.

Quel conseil donneriez-vous à votre « vous » du début de votre carrière ?

« Il n’y a pas de progression sans un certain inconfort ». Il m’a fallu un peu de temps avant de réaliser les vertus de l’effort.

Quelle est votre devise ?

« Le pessimiste se plaint du vent, l’optimiste espère qu’il va changer, le réaliste ajuste ses voiles », de William Arthur Ward.