Frédéric Panier : « Booster l’esprit d’entreprendre, ça commence dès l’école »

Écrit par Marie-Isabelle GOMEZ CALVO

3.09.2026

A l'occasion de cette rentrée 2026, Frédéric Panier explique dans l'émission "Trends Talk" pourquoi AKT s’engage pour mieux préparer les jeunes au monde du travail.

Depuis trente ans, on parle en Wallonie de rapprocher l’école et l’entreprise. Des liens et des initiatives existent déjà : stages, mini-entreprises, alternance, rencontres avec des entrepreneurs, mais elles restent trop souvent dispersées. Pour Frédéric Panier, CEO d’AKT il faut aller plus loin et changer d’échelle pour faire de l’esprit d’entreprendre une réalité dès l’école. Le défi est important. D’autant plus que le monde de l’enseignement traverse une période difficile.

Des entrepreneurs présents dans les écoles : « la rencontre change les trajectoires »

Pour Frédéric Panier, il faut commencer par une chose simple : la rencontre. « Un jeune qui échange avec un entrepreneur découvre une réalité qu’aucun manuel ne peut transmettre. Grâce à ce témoignage direct, le jeune peut comprendre que l’échec n’est pas une fin et qu’il n’empêche pas de réussir. » Les études sur l’entrepreneuriat indiquent précisément que l’un des premiers facteurs qui poussent à l’action, c’est d’avoir déjà rencontré un entrepreneur. « La rencontre, à elle seule, fait beaucoup. Le contact est déterminant ».

« L’esprit d’entreprendre permet de développer de nombreuses aptitudes chez l’enfant »

« Amener l’esprit d’entreprendre en classe, ce n’est pas juste dire aux enfants « vous pouvez créer votre entreprise ». Cela aide aussi à développer chez l’enfant l’autonomie, la capacité d’apprendre, la confiance en soi ou encore à résoudre des problèmes. »

Plaidoyer pour revaloriser le qualifiant et généraliser progressivement l’alternance

Plomberie, froid, construction… De nombreux métiers offrent de réelles perspectives d’emploi, des salaires intéressants et des conditions de travail de qualité. Et bon nombre d’entre eux font face à une pénurie de main-d’œuvre. Pourtant, ils restent victimes d’une méconnaissance et d’une image négative.

« Le problème n’est pas toujours le métier. C’est la manière dont on le perçoit. Il faut renforcer une orientation positive. Les jeunes et leurs parents doivent mieux connaître les métiers, leurs débouchés et les parcours possibles. Le qualifiant doit devenir une vraie voie vers un avenir professionnel. 

Quant à l’alternance, elle ne doit plus être considérée comme une solution réservée à certains élèves ou être associée à une forme de « relégation ». « Elle doit devenir la voie de référence pour certaines filières et pas l’inverse ».

« On doit pouvoir mesurer les progrès »

Si l’objectif est de changer d’échelle, il faut savoir d’où l’on part et où l’on veut aller. Pour cela, il faut pouvoir mesurer le bien-fondé des actions menées. « C’est notamment essentiel pour les formations qualifiantes. Là, le meilleur indicateur sera le taux d’insertion professionnelle à la sortie de la formation. Aujourd’hui, un jeune sur quatre n’a toujours pas trouvé, quelques années après sa formation, un emploi en lien avec sa formation. Si cet indicateur n’évolue pas, il faudra remettre en question nos stratégies ».