La Semaine de la Mobilité, ça commence par un petit pas…
Écrit par Cellule Mobilité
10.09.2026
Du 16 au 22 septembre, c'est la Semaine de la Mobilité. En Wallonie comme dans de nombreux pays européens, entreprises, écoles et villes sont invitées à changer, le temps d'une semaine, leurs habitudes de déplacement. Le thème cette année : la marche à pied. Simple, accessible, et souvent sous-estimée dans les politiques de mobilité d'entreprise.
La Cellule Mobilité d’AKT, en partenariat avec le Service Public de Wallonie, accompagne les employeurs wallons qui souhaitent participer via deux initiatives concrètes.
- D’abord, la Semaine de la Mobilité dans les Entreprises : organisez des actions pour sensibiliser vos collaborateurs et les inviter à tester d’autres façons de se déplacer – à pied, à vélo, en transports en commun ou en covoiturage. Les entreprises les plus mobilisées remportent des prix. 45 employeurs sont déjà inscrits.
- Ensuite, le Challenge piétons et vélos : un défi collectif pour parcourir 150.000 km à pied et à vélo entre le 16 et le 22 septembre. Vos collaborateurs encodent leurs kilomètres, vous suivez le classement en direct et là aussi, des récompenses sont à la clé.
Mais comment ça se passe concrètement dans une entreprise ? Qu’est-ce qui fonctionne, qu’est-ce qui reste une fois la semaine terminée ? Pour répondre à ces questions, la Cellule Mobilité a réuni deux Mobility Managers prêts à partager leur expérience.
Regards croisés de deux Mobility Managers sur leur Semaine de la Mobilité
Sandrine Morel est assistante sustainability sur le site d’Engis de Knauf, entreprise bien connue, notamment, pour ses matériaux de construction en plâtre. Gabriel Dalemans est, quant à lui, coordinateur qualité, sécurité, santé et environnement et, par ailleurs conseiller en prévention chez Dalemans, une entreprise implantée à Remicourt, spécialisée dans les solutions de détection de gaz.
Deux entreprises aux profils et aux tailles bien différents : quelque 250 travailleurs sur le site de Knauf, une soixantaine de collaborateurs chez Dalemans. Leur expérience de la Semaine de la Mobilité diffère elle aussi. Chez Knauf, l’aventure est récente : l’entreprise prépare actuellement sa deuxième participation. Chez Dalemans, en revanche, l’événement est devenu presque un rendez-vous annuel.
Pourquoi avez-vous décidé d’inscrire cette année votre entreprise à la Semaine de la Mobilité de la Wallonie ?
Sandrine Morel – Knauf : Parce que nous l’avons fait l’an dernier pour la première fois et que le succès a vraiment été au rendez-vous (une cinquantaine de participants). Les collègues étaient très enthousiastes. J’en ai croisé dans les couloirs qui regrettaient de ne pas pouvoir y participer et d’autres qui nous remerciaient d’organiser pareil événement. Nous nous sommes lancés dans l’aventure grâce à une petite équipe interne, appelée « Karbon Fighters », née à la suite d’ateliers « Fresque du climat », organisés à l’initiative de notre département durabilité. Elle se réunit huit fois par an pour imaginer et mettre en œuvre ce type d’initiative et tout projet facile à implémenter visant à réduire notre empreinte carbone. Notre première participation à la Semaine de la Mobilité, en 2025, est née de cette dynamique.
Gabriel Dalemans – Dalemans : Chez Dalemans, tout est parti il y a quelques années d’une initiative personnelle. J’aime venir travailler à vélo et nous avons l’infrastructure pour pouvoir le faire (parking, douches et vestiaires). J’ai donc eu l’envie de partager ce plaisir avec mes collègues. La Semaine de la Mobilité m’a semblé une belle opportunité pour le faire. 12 collaborateurs (sur 60 dont une vingtaine qui sont sur la route tous les jours) ont répondu présents la première fois. Et puis, ça a continué… J’ai été un peu lent à communiquer cet été sur la nouvelle édition. Et bien, ça n’a pas raté : plusieurs m’ont posé la question : « on ne participe pas cette année ? ».
L’organisation de cette Semaine de la Mobilité a-t-elle eu un impact sur la mobilité de vos collègues ?
G.D. : Oui. Concrètement chez nous, plusieurs personnes ont acheté un vélo électrique et cela, bien avant que nous en proposions dans le cadre d’un plan cafeteria. Ils ont donc décidé de venir travailler à vélo de temps à autre sans qu’il y ait eu de communication spécifique par rapport à cela. La Semaine de la Mobilité leur en a donné l’envie. Surtout que nous avions proposé des vélos électriques en location pour permettre à ceux qui le souhaitaient, de tester ce mode de transport. Nous avions, pour ce faire, étendu à deux semaines nos activités de la Semaine de la Mobilité. Ainsi, cela permettait à un plus grand nombre de collaborateurs de profiter de la location. Nous avons aussi essayé la trottinette en la proposant à nos techniciens pour leurs déplacements en complément du véhicule de service. L’idée était de les rendre plus mobile. Mais, après un accident pendant la période de test, nous avons mis le projet en pause.
S.M. : Chez nous aussi, l’impact positif s’est marqué au niveau des cyclistes. Nous avions déjà quelques cyclistes réguliers. En outre, même si nous nous trouvons dans un zoning, le RaVeL n’est pas très loin. Nous leur avons donc demandé d’aider leurs collègues, de partager leurs itinéraires et des conseils. Grâce à cela, nous avons maintenant davantage de cyclistes réguliers. Il suffisait juste de les accompagner sur leur chemin pour les convaincre ! Certains ont acheté un vélo via le plan cafétéria et il leur arrive régulièrement de faire le trajet ensemble ! Venir en bus chez nous n’est pas aisé. Pour le train, il faut le combiner avec la marche (15 minutes) ou le vélo. Mais cela n’empêche pas certains collègues de le prendre régulièrement. Par ailleurs, des collègues se sont organisés entre eux pour covoiturer ou prendre le train ensemble, y compris pour des déplacements à l’étranger dans différentes filiales du groupe. Nous avons, lors de cette première participation, parcouru plus de 1.000 km à vélo, 1.200 en train et évité, grâce au covoiturage 9.000 km en voiture individuelle, soit 1.383 kg de CO2 économisés !
Aviez-vous des idées reçues sur la Semaine de la Mobilité qui se sont révélées infondées ?
S.M. : Je pensais qu’en pratique, ce serait très compliqué et que peu de personnes seraient intéressées. Ce fut tout le contraire. Nous avons été surpris par l’enthousiasme des collaborateurs, y compris chez ceux qui travaillent à l’usine, malgré leurs horaires compliqués. Ils se sont organisés entre eux pour faire des trajets en équipe.
G.D. : Je reconnais que les premières années, la communication m’avait pris pas mal de temps. Mais aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile : tous les templates sont faits. Il suffit de les adapter un peu et de les réutiliser. J’ai mes petites habitudes, c’est donc plus fluide.
Une entreprise qui n’a jamais participé vous dit : « Nous n’avons ni le temps, ni le budget ». Que lui conseillez-vous de faire pour une première édition ?
S.M. : Je dirais à la personne en charge du projet « Ne le faites pas seule. Entourez-vous de personnes motivées. »
G.D. : Et moi, je dirais si vous n’avez ni le temps et ni l’argent, parlez de mobilité de manière informelle à tous ceux que vous rencontrez, à chaque occasion, à la cantine, etc. C’est une manière de distiller de petites idées dans la tête des gens pour qu’ils se disent : « Tiens, j’essaierais bien ».
Pour conclure, auriez-vous une anecdote à partager ?
G.D. : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est le prix que nous avons reçu en participant à la Semaine de la Mobilité des Entreprises en 2024. Je ne m’y attendais vraiment pas. Nous étions super contents. Nous avons remporté une animation avec le Mobility Van de Maestromobile. Nous avions invité les entreprises voisines à venir, elles aussi, tester les engins de mobilité présentés (flotte de vélo diversifiée, engins de micromobilité). Une quarantaine de personnes y ont participé et certains ont acheté des trottinettes dans la foulée. Notre direction a aussi vraiment apprécié.
L’expérience de Dalemans et Knauf témoigne d’une chose : une Semaine de la Mobilité ne doit pas nécessairement tout révolutionner pour être utile. Donner envie à quelques collaborateurs d’essayer, créer des échanges, faire tomber certaines appréhensions et, parfois, installer de nouvelles habitudes qui perdurent bien au-delà d’une semaine, c’est déjà beaucoup. Et si vous essayiez cette année ? Et, qui sait ? Parmi vos collègues, futurs participants de cette édition 2026 se cachent peut-être les prochains « habitués » de la mobilité alternative…
L’interview complète de Sandrine Morel et Gabriel Dalemans est à retrouver dans notre prochain numéro de Dynamisme.