Les entreprises wallonnes annoncent déjà plus de 88.000 recrutements en 2026

Écrit par Collectif

4.02.2026

À la demande du Gouvernement wallon, Le Forem a mené, avec l’UCM et nous, une enquête auprès de 72.000 entreprises wallonnes. Les premiers résultats sont clairs et encourageants : près d’un tiers des entreprises wallonnes envisagent de renforcer leurs effectifs et prévoient déjà de recruter plus de 88.000 personnes en 2026. Ces intentions confirment une dynamique de recrutement dans l’ensemble de l’économie wallonne. Quatre secteurs se démarquent particulièrement par leurs besoins en ressources humaines : la santé, le commerce, la construction, ainsi que les activités de services administratifs et de soutien aux entreprises.

Une enquête d’envergure, représentative du tissu économique wallon

À l’initiative du Ministre de l’Emploi et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet, et avec le soutien actif de l’UCM et d’AKT for Wallonia, le Forem a sondé, entre octobre et début décembre, les besoins en ressources humaines de 72.000 entreprises wallonnes, de toute taille et de tout secteur. Au total, 10.106 entreprises ont répondu, soit un taux de participation de 14%, particulièrement significatif pour une première édition d’une enquête de cette ampleur. Cette mobilisation offre une base solide et représentative pour analyser les intentions de recrutement par métier, par secteur d’activité, par bassin d’emploi et par province. À noter que 52% des entreprises sondées ne faisaient pas encore partie du portefeuille clients du Forem, confirmant les possibilités pour le Forem de capter une réalité de terrain élargie.

Autre bonne nouvelle pour les chercheurs d’emploi, les entreprises interrogées indiquent que près de la moitié des recrutements prévus en 2026 devraient être réalisés sous contrat à durée indéterminée (CDI). Les contrats à durée déterminée (CDD) représenteraient un peu moins de trois recrutements sur dix, tandis qu’environ un sur dix passerait par un contrat intérimaire. Les flexi-jobs représenteraient 2% des recrutements totaux.

Quatre secteurs concentrent plus de la moitié des recrutements

Cette enquête s’inscrit dans la lignée de l’expérience française, où le dispositif BMO est mis en œuvre depuis plus de vingt ans par France Travail. En France, le taux de réponse des entreprises atteint aujourd’hui près de 25%, contre 19% en 2017, illustrant la montée en puissance au fil des années et la crédibilité de cet outil d’anticipation des besoins en main-d’œuvre aux yeux des entreprises et des secteurs d’activité.

Les résultats wallons mettent en évidence des besoins RH particulièrement importants dans quatre secteurs clés : la santé, le commerce, la construction, ainsi que les activités de services administratifs et de soutien. Chacun de ces secteurs représente entre 13% et 15% des intentions de recrutement, soit entre 11.000 et 13.000 projets par secteur. À eux seuls, ils concentrent plus de la moitié des recrutements déjà programmés en 2026. Par ailleurs, les entreprises de moins de 10 travailleurs concentrent plus de la moitié des projets de recrutement.

Les métiers les plus plébiscités lors de l’enquête

83 événements de recrutement déjà planifiés pour 2026

Pour répondre aux besoins déjà exprimés par les entreprises, le Forem a recontacté l’ensemble de ces entreprises et a initié 957 actions, allant du conseil en recrutement et en formation, à l’analyse des besoins, la mise en relation avec des chercheurs d’emploi, le coaching à l’utilisation des services en ligne et l’élaboration de plans d’action personnalisés. Pour répondre à ces besoins RH, 83 événements de recrutement (jobdays, salons, séances d’information, rencontres sectorielles) sont déjà prévus en 2026 afin de faciliter les recrutements sur l’ensemble du territoire wallon.

Les résultats exhaustifs seront disponibles en avril

Les résultats présentés constituent une première photographie des besoins en main-d’œuvre pour 2026. Des analyses complémentaires seront disponibles en avril 2026 et publiées sur le site du Forem, notamment sur les difficultés de recrutement rencontrées par les employeurs pour chaque métier, ainsi que sur les résultats détaillés des intentions d’embauche.

L’ensemble de ces résultats constitue une base essentielle pour lutter au mieux contre les pénuries et orienter les politiques publiques. Ils permettront d’adapter l’offre de formation, d’orienter les chercheurs d’emploi et les jeunes vers les métiers porteurs, de soutenir concrètement les entreprises dans leurs recrutements et d’anticiper les tensions du marché du travail.

Ces travaux serviront également de fondement à l’élaboration de la liste des métiers en pénurie, qui sera publiée par le Forem à la fin du deuxième trimestre 2026.

Pour le Ministre de l’Économie, de l’Emploi et de la Formation, Pierre-Yves JEHOLET : « Ces résultats confirment une réalité essentielle : les entreprises wallonnes ont des besoins massifs et concrets, avec plus de 88.000 recrutements déjà envisagés pour 2026. Grâce à cette enquête, nous disposons pour la première fois d’une vision précise et anticipée des métiers, des secteurs et des territoires sous tension. C’est un levier déterminant pour adapter nos politiques d’emploi et surtout notre offre de formation, afin que chaque parcours mène vers un métier qui recrute. Le fait que près d’un recrutement sur deux soit envisagé en CDI est aussi un signal positif et mobilisateur pour les chercheurs d’emploi wallons. »

Pour Raymonde YERNA, Administratrice générale du Forem : « Cette première édition wallonne de l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre constitue une étape clé pour mieux répondre encore aux besoins des entreprises, capter davantage d’offres d’emploi de qualité au bénéfice des chercheurs d’emploi et faciliter le matching entre l’offre et la demande d’emploi. Elle servira également de point de référence pour les années à venir, d’autant plus précieux que le monde du travail est en perpétuelle évolution. Les résultats montrent par ailleurs que plus de la moitié des contrats proposés seront des CDI, ce qui permettra aux collaborateurs du Forem de porter un message mobilisateur auprès des chercheurs d’emploi wallons. »

Pour Pierre-Frédéric NYST, Président UCM : « La majorité des intentions de recrutement de cette enquête provient de micro-entreprises, exprimées par des patrons qui dirigent moins de 10 personnes. Qui plus est, pour des contrats solides, envisagés sur le long terme. Cela confirme le rôle-clé que les petites entreprises jouent dans notre tissu économique. Ces résultats confirment l’intérêt de cette enquête réalisée directement sur le terrain, sans filtre. Nous appelons donc à ce que les pouvoirs publics fassent tout pour permettre de concrétiser en emplois ces souhaits de recrutement, mais aussi qu’ils rééditent l’expérience de cette enquête dans le futur. Et aux Bruxellois : que l’on lance le même type d’outil, utile pour la région capitale. »

Pour Frédéric PANIER, CEO AKT for Wallonia : « L’enquête BMO constitue une avancée importante pour les politiques de l’emploi en Wallonie. Elle permet enfin de disposer d’une vue d’ensemble des besoins de main-d’œuvre des entreprises et de mieux orienter l’accompagnement et la formation des chercheurs d’emploi. Les premiers résultats révèlent déjà plusieurs faits marquants : 9 grandes entreprises sur 10 en Wallonie ont le projet de recruter en 2026 et 75% des contrats qui seront proposés en 2026 seront des CDI et des CDD. Ils montrent aussi que de nombreux besoins concernent des métiers accessibles, au cœur du quotidien des entreprises, comme l’aide-ménager, le vendeur, le serveur ou l’ouvrier de production. »