Pénuries de main-d’œuvre : plusieurs secteurs cherchent encore désespérément
Écrit par Marie-Isabelle GOMEZ CALVO
1.07.2026
Les entreprises wallonnes continuent de recruter dans de nombreux secteurs, mais plus d'un recrutement sur deux est jugé difficile. Le défi n'est donc pas l'absence d'emplois, mais bien la difficulté à trouver les compétences attendues. Voici les principaux enseignements de la nouvelle liste des métiers en pénurie publiée par le Forem. Ils viennent conforter ceux de l'enquête sur les besoins en main-d'œuvre (BMO), publiée en juin.
La nouvelle liste des métiers en pénurie, publiée par le Forem ce 1er juillet 2026, confirme une réalité trop bien connue des entreprises wallonnes : des milliers d’emplois restent à pourvoir faute de candidats correspondant aux profils recherchés. Au total, 144 métiers figurent dans cet inventaire, dont 69 font leur apparition.
Sans surprise, la construction reste le secteur le plus touché, avec 38 métiers en pénurie dont plusieurs sont directement liés aux défis de la rénovation énergétique, de l’isolation ou encore de la performance énergétique des bâtiments.
L’industrie technologique ainsi que la santé et l’action sociale suivent avec 19 métiers chacun. À eux trois, ces secteurs concentrent plus de la moitié des métiers en pénurie.
Des métiers accessibles
Cette liste nous montre que les métiers en pénurie ne concernent pas forcément des fonctions hautement qualifiées. Nombre d’entre eux sont accessibles à différents niveaux de formation. C’est notamment le cas des aides-ménagères, des agents de gardiennage, des magasiniers, des boulangers, des conducteurs d’autobus ou encore des ouvriers horticoles. Des métiers pour lesquels il existe une offre de formation courte, directement accessible et parfois même avec déjà un pied dans l’entreprise.
Pour répondre à ce besoin, des solutions existent déjà : le Forem propose actuellement 166 formations conduisant à un métier en pénurie, tandis que l’IFAPME en offre 75.
Des emplois durables
Autre enseignement à tirer : les métiers en pénurie offrent de réelles perspectives. Selon la dernière étude du FOREM sur le parcours des chercheurs d’emploi ayant terminé une formation liée à un métier critique, 56 % des répondants à l’emploi étaient occupés en CDI, 22 % en CDD, 11 % en intérim ( Parcours des chercheurs d’emploi ayant terminé en 2023 une formation liée à un métier dit critique).
Les entreprises recherchent donc avant tout avant tout des collaborateurs qu’elles souhaitent inscrire dans la durée.
Une photographie plus fine des besoins
Cette édition marque également un tournant méthodologique. Désormais, cette liste repose également sur les résultats de l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre (BMO), menée directement auprès des employeurs wallons (Les entreprises wallonnes annoncent déjà plus de 88.000 recrutements en 2026 ). Il ne s’agit plus seulement de comparer le nombre d’offres d’emploi disponibles sur le site du FOREM par rapport aux chercheurs d’emploi positionnés sur ces métiers.
En plus d’intégrer les retours des acteurs sectoriels, l’enquête intègre directement les difficultés de recrutement exprimées par les entreprises. Cette nouvelle approche offre une vision plus précise des besoins des entreprises et permet de mieux mesurer les difficultés auxquelles elles sont confrontées lors de leurs recrutements.
Mieux orienter et mieux former
Cette nouvelle liste souligne l’importance de mieux faire connaître les métiers qui recrutent, de les valoriser auprès des chercheurs d’emploi et des jeunes, mais aussi de renforcer les parcours d’enseignement et de formation.
« La réponse aux pénuries ne pourra pas reposer sur un seul levier. Pour que la Wallonie réussisse à relever ce défi, il faut orienter les jeunes, renforcer les compétences tout au long de la vie, faciliter les reconversions professionnelles et rapprocher davantage les besoins des entreprises de l’offre de formation », précise Frédéric Panier, CEO d’AKT.
Liste officielle des métiers en pénurie: penuries-liste-metiers-2026