Plan de croissance fédéral : les priorités d’AKT pour soutenir la croissance

Écrit par Daphné SIOR

2.10.2026

La hausse du taux de croissance est au cœur des préoccupations actuelles. Les décisions prises lors du conclave budgétaire seront décisives pour booster la compétitivité des entreprises.

Fin septembre, en plein conclave budgétaire, les ministres fédéraux de l’Économie, de l’Énergie et des PME ont présenté aux organisations d’employeurs, dont AKT, leur stratégie pour accélérer la croissance et renforcer la compétitivité.  AKT en partage la philosophie : le redressement des finances publiques ne se fera pas sans croissance économique. Plusieurs leviers proposés vont dans le bon sens. D’autres doivent encore être précisés, notamment sur leur financement, leur calendrier et leur articulation avec les régions.

Le gouvernement fédéral doit trouver au moins 10 milliards d’euros d’ici 2029, alors que le Bureau fédéral du Plan prévoit une croissance de 0,7 % en 2026. Dans ce contexte, soutenir la croissance est indispensable : davantage d’emplois et d’investissements permettent d’élargir la base économique et, avec elle, les recettes publiques.

La stratégie présentée combine des mesures dont les effets sont attendus rapidement et des réformes de fond appelées à se déployer sur le plus long terme.

Surtout, elle place l’évaluation au cœur de la décision publique. Toute nouvelle mesure fédérale ayant un impact économique serait soumise à un « test de croissance et de compétitivité » avant son adoption, puis évaluée après sa mise en œuvre. Pour AKT, cette logique doit s’appliquer à tous les niveaux de pouvoir afin de concentrer les moyens publics sur les mesures qui produisent réellement des résultats.

Priorité aux investissements productifs et à la simplification

Les investissements productifs. La stratégie prévoit de recenser les projets d’investissement stratégiques et de leur ouvrir une procédure accélérée. Elle propose également de reconvertir les grands sites industriels sous-utilisés.

La Wallonie avance dans la même direction. L’articulation entre les dispositifs fédéraux et régionaux sera donc essentielle pour permettre aux porteurs de projets de disposer d’un interlocuteur et d’un calendrier clairs.

La simplification. Aujourd’hui, 45 % des entrepreneurs wallons citent la lourdeur administrative comme un frein important à leur compétitivité. Plusieurs mesures du plan répondent directement à cette préoccupation : rendre obligatoire le principe « Only Once », encadrer strictement la surtransposition des directives européennes ou encore compenser toute nouvelle charge administrative par la suppression de charges plus importantes.

Des mesures qui doivent encore être précisées

Plusieurs éléments nécessitent maintenant d’être détaillés, à commencer par le coût et le calendrier de chaque mesure. Ces informations sont indispensables pour permettre au gouvernement d’arbitrer et aux entreprises de planifier leurs investissements.

La fiscalité. AKT soutient le principe d’une nouvelle dispense de précompte pour les secteurs stratégiques, à condition que ses critères soient cohérents avec les définitions régionales. Celle-ci doit donc être correctement paramétrée pour ne pas mettre à mal le level playing field.

L’énergie. Près de la moitié de l’enveloppe de la norme énergétique doit servir, par l’intermédiaire des régions, à réduire le prix de l’électricité pour les entreprises électro-intensives. Sa répartition entre les régions doit être fixée rapidement, en fonction de leurs besoins et sans surtransposition. Au-delà de l’électricité, la compétitivité dépend également des autres vecteurs énergétiques, encore largement fossiles et importés.

Le financement de l’économie. AKT soutient également la mobilisation de l’épargne vers l’économie réelle. Le niveau d’épargne des ménages belges figure parmi les plus élevés d’Europe : une part significative de ces moyens doit pouvoir atteindre effectivement les entreprises en phase de croissance.

MAKE 2025-2030 et le Forum industriel wallon pour passer à l’action

La stratégie fait du plan interfédéral MAKE 2025-2030 le pilier de sa politique industrielle. Il constitue un cadre pertinent pour coordonner les actions du fédéral, des régions et des secteurs, notamment en matière de simplification.

En Wallonie, le Forum industriel wallon, qui réunit le Gouvernement, AKT et les fédérations sectorielles, offre un relais naturel pour poursuivre ce travail.

La philosophie du plan va dans le bon sens. Il faut maintenant préciser les mesures, assurer leur articulation entre les différents niveaux de pouvoir et permettre aux projets de se concrétiser.