Produire plus avec moins d’énergie

Écrit par Charlène COLLIN

7.08.2026

L'industrie wallonne consomme deux fois moins d'énergie qu'en 1990, tout en produisant plus de richesse

En trente ans, l’industrie wallonne a profondément changé de visage. La consommation finale d’énergie du secteur a chuté de près de moitié ! Elle est passée de 76.504 GWh à 38.481 GWh. Sur la même période, la valeur ajoutée brute de l’industrie a progressé d’environ 70 % (de 11.331 à 19.208 millions d’euros).

Ce double mouvement porte un nom : le découplage. La Wallonie produit aujourd’hui plus de richesse industrielle en mobilisant moins d’énergie. Ces données méritent d’être visibilisées, car elles expriment la mutation du tissu industriel et les efforts d’efficacité menés par les entreprises.

Ces chiffres proviennent de l’indicateur « Consommation d’énergie de l’industrie » de l’État de l’environnement wallon (fiche INDUS 1). (données arrêtées à 2022, la valeur 2023 n’étant pas encore disponible).

 Mutation du tissu industriel

Une partie de cette baisse reflète l’évolution du tissu industriel wallon, marqué notamment par la transformation de la sidérurgie. Longtemps pilier de l’industrie régionale, l’acier représentait 46 % de la consommation énergétique industrielle en 1990. Il en représente 9% aujourd’hui. Une évolution qui pèse mécaniquement dans les chiffres globaux mais qui doit être nuancée. La sidérurgie n’a pas disparu de Wallonie, elle s’est en partie transformée. Une part de l’acier wallon est aujourd’hui produite par la filière électrique, via des fours à arc électrique nettement moins intensifs en énergie que la filière fonte au haut-fourneau.

L’industrie a fait de réels efforts

Le découplage entre richesse produite (+70 %) et énergie consommée (‑50 %) traduit aussi des gains d’efficacité énergétique et une diversification du mix. Les secteurs qui sont restés au cœur de l’industrie wallonne ont, eux aussi, réduit leur consommation. Trois secteurs concentrent l’essentiel des besoins énergétiques : les minéraux non métalliques (11.942 GWh), la chimie (8.169 GWh) et l’agroalimentaire (6.397 GWh).

Le mix énergétique évolue lui aussi. En 2023, le gaz naturel reste dominant (14.572 GWh, soit 38 % du total), devant l’électricité (22 %) et les sources d’énergie alternatives (20 %).Ces dernières ont progressé de 27 % depuis 1990.

Enfin, sur la période récente, la consommation a encore reculé de 11 % entre 2020 et 2023, sous l’effet conjugué de la crise sanitaire, de la reprise économique et de la guerre en Ukraine.

Des outils concrets pour poursuivre la transition

Pour que cette trajectoire s’inscrive dans la durée, les entreprises disposent de plusieurs soutiens. Les Conventions Carbone 2024-2032, qui prennent le relais des accords de branche, constituent le cadre partenarial de référence. En échange d’engagements de réduction de leurs émissions, les entreprises industrielles bénéficient d’un soutien à leurs plans de décarbonation.

À cela s’ajoutent des leviers de financement. Wallonie Entreprendre propose des solutions dédiées à la transition énergétique et circulaire des entreprises, depuis des produits standardisés comme « Easy’green » pour les PME jusqu’à des financements sur mesure pour les investissements industriels (efficacité énergétique, production renouvelable, changement de procédés).

Ces dispositifs illustrent une conviction que porte AKT à travers son plan PAKTE 2030 : décarboner et rester compétitif ne s’opposent pas. Ces chiffres le montrent déjà à l’échelle de trente ans. Les solutions pour poursuivre cette trajectoire existent. L’enjeu est désormais de les amplifier, en donnant aux entreprises la visibilité, la sécurité énergétique et les moyens d’investir dont elles ont besoin.

Conventions Carbone 2024-2032

Wallonie Entreprendre – transition énergétique et circulaire

Source des données chiffrées  Etat de l’Environnement wallon