Vers une possible récession aux États-Unis ?
Écrit par CBC (Publi-rédactionnel)
27.03.2025
Tout le monde est surpris de la vitesse à laquelle la situation économique se détériore aux États-Unis depuis le retour de Trump à la Maison Blanche. S’agit-il d’un simple réajustement temporaire ou d’un réel ralentissement de l’économie américaine ? L'analyse de Bernard KEPPENNE (CBC)
Essayons d’objectiver les choses, en regardant les indicateurs économiques qui ont été publiés depuis le début de l’année.
Le marché de l’emploi aux États-Unis demeure solide, comme l’a encore souligné le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, avec un taux de chômage à 4.1% en janvier et 151.000 créations. Il faut néanmoins souligner que la purge annoncée par Musk n’a pas encore produit ses effets.
Baisse de la confiance
Malgré cela, les indicateurs de confiance des ménages américains ont tous marqué un très net recul. L’enquête mensuelle de la FED de New York constate que « les ménages ont exprimé plus de pessimisme quant à leur situation financière à l’horizon d’un an en février, tandis que le chômage, les impayés et les attentes en matière d’accès au crédit se sont considérablement détériorés ».
Tous ces indices montrent une hausse très marquée des anticipations d’inflation à court et à long terme de la part des ménages. Situation au combien ironique, alors que Trump avait basé toute sa campagne en annonçant qu’il allait rendre la vie moins chère aux Américains. Mais ces derniers se rendent compte qu’une guerre commerciale ne sera pas sans impact sur leur pouvoir d’achat.
Le constat est le même pour les entreprises qui restent, par contre, plus confiantes que les ménages mais constatent la hausse des prix des intrants qu’elles entendent bien répercuter. Évidemment, tout cela fait craindre une spirale inflationniste dont les ménages américains seraient les premiers impactés.
Pour couronner le tout, le doute s’est aussi installé dans l’esprit des investisseurs, ce qui a entraîné une très sévère correction boursière qui touche aussi les ménages américains. En effet, ces derniers sont, à contrario des Européens, fortement investis en bourse, ce qui contribue à améliorer leur pouvoir d’achat.
Quelles conséquences pour l’économie américaine ?
Pour autant, peut-on déjà parler de récession aux États-Unis ? La FED d’Atlanta publie toutes les semaines, selon un modèle prévisionnel, ses prévisions de croissance pour le trimestre en cours. Alors que ce modèle tablait, en début d’année, sur une croissance annualisée de 2.8% pour le premier trimestre, l’accumulation d’indicateurs décevants et d’une très nette dégradation du déficit commercial ont entrainé une chute de la prévision. Celle-ci table désormais sur un recul de 2.3% du PIB au premier trimestre.
Il faut dire que depuis l’arrivée de Trump, les nuages s’accumulent : guerre commerciale, revendications territoriales, changement de camp dans le conflit Ukraine-Russie, retrait de l’Accord de Paris sur le climat, menace de sortie de l’OTAN, et j’en passe.
De quoi provoquer un changement du monde mais aussi du contexte économique qui remet en cause le scénario d’un atterrissage en douceur de l’économie américaine. Ce dernier aurait été accompagné par une Banque centrale qui avait encore de la latitude pour réduire ses taux.
Mais avec une inflation qui demeure encore au-dessus de l’objectif et surtout des anticipations d’inflation en nette hausse, la Banque centrale ne veut pas prendre le risque de la réveiller en abaissant les taux trop vite. Depuis le début de l’année, elle a adopté une attitude attentiste.
Enfin, si l’Américain moyen risque de souffrir à court terme, la question est de savoir s’il souffrira à long terme également, ce qui pèserait alors lourdement sur la croissance. Seul l’avenir nous le dira mais force est de constater que l’économie américaine perd de sa superbe et rien que cela mérite d’être souligné.