Vignette: nos routes ont un prix
Écrit par Marie-Isabelle GOMEZ CALVO
13.07.2026
La vignette routière interrégionale entrera en vigueur le 1er mai 2027. Pour AKT, il est normal que les conducteurs étrangers contribuent eux aussi au financement des infrastructures qu'ils utilisent.
Aujourd’hui, une part importante des véhicules qui circulent sur le réseau wallon est immatriculée à l’étranger et ne participe pas à son financement. La vignette permettra de corriger cette situation.
Encore faut-il que les recettes soient réellement consacrées à l’entretien et à la modernisation des infrastructures de mobilité.
AKT demande également qu’une partie des montants perçus soit consacrée à la rénovation des voiries communales. Avec près de 50.000 kilomètres de voiries communales, contre environ 7.000 kilomètres de réseau régional, elles assurent le dernier kilomètre de chaque déplacement et sont essentielles à la mobilité quotidienne.
Des tarifs déjà connus
La vignette annuelle coûtera :
- 100 € pour les véhicules Euro 4 et plus ;
- 125 € pour les véhicules Euro 0 à 3 ;
- 90 € pour les véhicules zéro émission.
Des formules plus courtes seront également proposées : 24 heures, 10 jours, 1 mois et 2 mois.
Garantir une véritable neutralité fiscale
Le Gouvernement wallon s’est engagé à assurer une neutralité fiscale. AKT soutient pleinement cet objectif et demande qu’il soit concrètement garanti.
La vignette est une charge forfaitaire. Sans compensation, elle pèserait davantage sur les entreprises dont l’activité repose sur la route : construction, logistique, mobilité professionnelle ou encore industrie. Ces secteurs supportent déjà des coûts de déplacement élevés.
Une répartition des recettes plus équitable
La manière dont les recettes seront réparties entre les Régions est un enjeu majeur pour la Wallonie.
AKT estime que cette répartition doit refléter l’utilisation réelle du réseau routier et non le seul lieu d’immatriculation des véhicules. De nombreux véhicules de leasing utilisés par des entreprises et des travailleurs wallons sont immatriculés en Flandre pour des raisons fiscales. Se baser uniquement sur ce critère désavantagerait donc la Wallonie, pourtant région de transit disposant d’un réseau particulièrement étendu.
Une première étape vers une réforme plus globale
Pour AKT, la vignette ne doit pas être une fin en soi.
Elle permettra de financer les infrastructures, mais elle ne répondra pas au problème de la congestion, qui pénalise fortement la productivité des entreprises et la fiabilité des chaînes logistiques.
Son entrée en vigueur devrait être l’occasion de revoir l’ensemble de la fiscalité liée à la mobilité : taxe de circulation, taxe de mise en circulation, accises et prélèvement kilométrique. Aujourd’hui, cet ensemble manque de cohérence et de lisibilité.
À terme, AKT estime qu’une tarification davantage liée à l’usage réel du réseau serait plus efficace. Cette évolution devra toutefois éviter tout empilement de nouvelles taxes et être coordonnée entre les différentes Régions.